Journée de sensibilisation des violences basées sur le genre.





La journée de la sensibilisation aux violences basées sur le genre qui s’est déroulée le 09/12/25 dispensée par le Care et le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) aux journalières de Pro ivoire Services.
Intervenants :
- M. Djoman Jean-Jacques du MFFE
Mme Koffi Honorine, Dr. Dembele du Care
En effet, en Côte d’Ivoire, la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) constitue aujourd’hui une priorité nationale. Les chiffres du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) montrent que des milliers de cas sont recensés chaque année, allant des violences physiques aux violences économiques, en passant par les agressions sexuelles, les mariages précoces et, plus récemment, les violences numériques.
Ce phénomène, profondément enraciné dans les normes sociales, continue d’affecter les femmes, les enfants et parfois même les hommes. Comprendre les causes, analyser les conséquences et promouvoir des solutions durables est indispensable pour la construction d’une société égalitaire et sécurisée.
- Les Causes Profondes des Violences Basées sur le Genre
- a) Les normes sociales patriarcales et les inégalités de pouvoir
Les violences faites aux femmes trouvent souvent leur origine dans des systèmes qui placent l’homme en position dominante. Les pratiques traditionnelles comme les mariages précoces, la soumission de la femme ou certaines restrictions de liberté sont encore présentes dans certaines communautés.
Selon les études soutenues par le MFFE et ses partenaires, ces normes patriarcales créent un climat où la violence devient un moyen de contrôle social.
- b) Le silence social, la faible dénonciation et l’impunité
Une grande partie des violences demeure invisible. Par peur du jugement, par manque d’information ou par dépendance économique, de nombreuses victimes ne portent pas plainte.
Les campagnes du ministère montrent que l’impunité, l’absence de témoins et la normalisation de certaines violences (viol conjugal, harcèlement, menaces en ligne) favorisent leur répétition.
- Les Conséquences : Une Menace pour la Santé, la Sécurité et le Développement
- a) Des impacts sur la santé physique, mentale et sociale
Les victimes subissent des blessures, des traumatismes, des troubles psychologiques, parfois irréversibles.
Au niveau social, elles font face à la stigmatisation, au rejet ou à un isolement qui aggrave la souffrance.
Selon les organisations de santé et de protection du genre, la violence réduit considérablement la qualité de vie, le bien-être et les opportunités de développement personnel.
- b) Un frein au développement national et à l’égalité des chances
Les violences basées sur le genre empêchent les femmes et les jeunes filles de participer pleinement à la vie économique, scolaire et professionnelle.
Elles limitent la contribution des femmes dans les instances de décision, renforcent les inégalités et nuisent aux objectifs de développement durable du pays.
Pour les ONG comme le Care, réduire les VBG est un levier essentiel pour améliorer la prospérité et la stabilité sociale.
- Les Solutions : Ce que Propose la Côte d’Ivoire et Les Efforts à Poursuivre
- a) Sensibilisation, éducation et mobilisation communautaire
Le Ministère de la Femme et ses partenaires ont renforcé les campagnes de proximité :
- ateliers communautaires,
- conférences scolaires,
- sensibilisation des chefs coutumiers et religieux,
- actions sur le cyberharcèlement.
L’objectif est d’apprendre aux communautés que la violence n’est ni un droit, ni une tradition, ni une preuve d’autorité.
L’éducation des filles et des garçons sur l’égalité des genres reste l’un des moyens les plus efficaces pour briser les stéréotypes et prévenir les comportements violents.
- b) Accompagnement des victimes, accès à la justice et lutte contre l’impunité
La Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui de centres d’écoute, de lignes d’urgence et de structures de prise en charge médico-psychologique.
Les lois ont été renforcées pour sanctionner les auteurs de violences sexuelles, conjugales ou numériques.
Les ONG spécialisées accompagnent les victimes dans les démarches juridiques et dans leur reconstruction personnelle.
Renforcer ces structures, former davantage de professionnels (policiers, médecins, assistants sociaux) et encourager la dénonciation sont des priorités indispensables.
La lutte contre les violences basées sur le genre ne doit pas rester entre les mains des seules institutions.
Elle nécessite :
- l’implication des communautés,
- la sensibilisation des jeunes,
- la responsabilisation des hommes,
- la formation continue des professionnels de la justice et de la santé,
- l’intégration du digital pour sensibiliser contre les violences en ligne, un phénomène en forte croissance.
Le changement durable dépend surtout de la transformation des mentalités.
Plus les citoyens seront informés, plus les victimes se sentiront soutenues, et plus les auteurs seront dissuadés.
Les violences basées sur le genre constituent une menace majeure pour l’équilibre familial, social et économique en Côte d’Ivoire.
Cependant, grâce aux efforts du Ministère de la Femme, des institutions étatiques, des ONG africaines et des partenaires internationaux, des avancées significatives sont visibles.
Il reste néanmoins un long chemin à parcourir.
La prévention, l’éducation, la dénonciation et la justice devront continuer à être renforcées pour bâtir une société où chaque femme, chaque enfant, et chaque personne peut vivre sans peur.
Dénoncez tout acte de violence en appelant le numéro gratuit 1308.